Quelques dates

1992 : Création de l’association Arc-en-Ciel, sous l’impulsion de Suzanne Vuille, Oscar & Annette Dayer, ainsi que Patricia Marcello, dans les anciens locaux de mode de Suzanne à Ecublens.

1993 : Premiers repas réchauffés et servis dans les locaux de mode. Début des activités du mercredi pour les enfants.

1996 : Recherche urgente de nouveaux locaux. Legs d’une maison par un généreux donateur qui a permis d’acquérir la maison actuelle à Renens.

1997 : Déménagement dans la maison à la rue du Bugnon à Renens.

2002 : Arc-en-Ciel fête ses dix ans.

2003 : Début du projet unique de soutien psychosocial aux enfants et familles.

2004 sept. : Fête de départ à la retraite de Suzanne Vuille en tant que directrice, retraite bien méritée, douze ans après avoir créé Arc-en-Ciel.

2004 - 2012 : Thao Nguyen, psychologue, reprend la direction, appuyée par Marcelle Volluz, secrétaire de direction. Ainsi soutenue, Thao peut développer l’offre des prestations. Par la même occasion, et pendant les huit années qu’elle a consacré à l’Association, Thao Nguyen a créé des contacts avec tout le réseau SIDA et a permis, de par son professionnalisme, de mettre en place une excellente collaboration avec le Service Médecine2 du CHUV.

Depuis 2012 : Le comité directeur a repris la direction de l’Association en s’appuyant sur une équipe administrative compétente.

Depuis 2015 : La nouvelle équipe est composée de Marie Briguet (travailleuse sociale), Ana Fontes Martins (travailleuse sociale), accompagnées de leurs stagiaires. Leurs compétences professionnelles respectives nous permettent d’avoir une collaboration permanente avec le CHUV, ce qui fait d’Arc-en-Ciel un partenaire professionnel dans le domaine de l’accompagnement des personnes concernées, de près ou et loin, par le VIH/SIDA. L’Association bénéficie également des compétences de Ludivine Morex (responsable administrative & events), en charge notamment de l’organisation d’évènements et manifestations dans le but de promouvoir notre mission.

 

Historique de l’Association : les débuts d’Arc-en-Ciel

” En 1992, nous avons décidé, avec une amie, de fonder un groupe de prière pour les malades, ce qui m’a permis d’entrer en contact avec de grands malades seuls à domicile. J’ai alors découvert un monde que j’ignorais totalement, rempli de souffrance et de solitude. L’idée grandissant en moi de faire quelque chose de plus tangible pour ces personnes, j’en ai parlé autour de moi et deux amies m’ont répondu «On est partantes».

J’ai alors fermé petit à petit mon agence de mode pour créer une association. Lorsque j’ai annoncé autour de moi que je fermais définitivement mon agence de mode, cela a suscité critique et stupeur. «Elle rêve», disait-on. Mais rien ne pouvais m’arrêter, j’avais une foi absolue.

Nous n’avions pas d’argent, bien sûr, alors j’ai retiré ma caisse de pension. Le mari de mon amie Annette a décidé de nous rejoindre dans cette aventure, prêt à devenir notre comptable et administrateur bénévole. Nous nous sommes donc réunis autour d’une table et, à nous quatre, nous avons fondé l’association Arc-en-Ciel, sans un sou vaillant.

Nous nous sommes installés dans les anciens locaux de mon agence de mode pour lesquels j’avais encore un bail et dont je payais toujours le loyer. Grâce au bouche à oreille, les malades ont commencé à arriver, ainsi que des bénévoles, et le comité s’est agrandi. En novembre 1992, Arc-en-Ciel a officiellement ouvert ses portes avec une campagne de presse.

Un jour, une demande d’aide nous est parvenue d’un psychologue pour soutenir une jeune femme nommée Patricia, atteinte du sida et mère d’un enfant. C’était une situation très difficile qui nous a beaucoup bouleversés. Nous l’avons accompagnée jusqu’à sa mort, ainsi que sa famille.

Cette expérience nous a décidés à nous tourner uniquement vers les personnes concernées par le sida car, suite à des articles dans les journaux, cette population commençait à arriver dans nos locaux. C’étaient des gens jeunes qui, à cette époque, faisaient peur et dont la détresse nous bouleversait.

Afin de trouver les fonds qui nous manquaient, nous présentions partout des demandes de fonds et de soutien car nous ne pouvions alors compter que sur nos familles et nos amis. Ils ont été nos premiers donateurs et ce sont eux qui nous ont permis de nous lancer dans cette aventure.

Tout s’est construit petit à petit. Nous avons organisé des ateliers de poterie et de peinture sur soie, avons fait beaucoup d’écoute et d’accompagnements divers, tels que transports pour le CHUV, chez le médecin, etc.

Suite à nos demandes de fonds, nous avons reçu un bus et une voiture. Une bénévole s’est proposée pour faire un atelier avec les enfants tous les mercredis après-midi et nous avons décidé de cuisiner un repas par semaine à midi. C’est alors qu’a commencé ce qui est devenu l’association Arc-en-Ciel d’aujourd’hui. Le repas a immédiatement rencontré un grand succès. Nous avions installé une cuisinière dans une des pièces qui est devenue la «cuisine». Pour cuisiner et faire la vaisselle, nous devions aller chercher l’eau dans les toilettes, situées dans le corridor de l’immeuble. C’était terriblement archaïque, mais d’une grande richesse humaine.

Très vite, le bus nous est devenu indispensable pour aller chercher les enfants à l’école le mercredi après-midi. C’est à ce moment qu’a commencé la grande organisation de prise en charge des enfants. Ils sont devenus, génération après génération, les «enfants Arc-en-Ciel».

Nous étions confrontés chaque jour à un lourd apprentissage de lutte et de difficultés de tous ordres: la drogue, le sida, la mort, le manque d’argent. Chaque fois que la situation était matériellement difficile, nous recevions miraculeusement, au dernier moment, les fonds nécessaires. Nous vivions au jour le jour.

Les premières années, les trithérapies n’existaient pas. Nos malades vivaient dans la peur, sans espoir, sans projet d’avenir. Les mères et les parents vivaient dans l’angoisse de laisser leurs enfants après leur décès.

Après cinq ans, les locaux commerciaux d’Ecublens ne correspondaient plus à nos besoins. Arc-en-Ciel s’était beaucoup développée grâce à nos bénévoles, nos donateurs, nos chômeurs en poste d’occupation, nos parrains et nos membres. En 1997, après de nombreuses recherches – car personne ne voulait louer une maison à une association et encore moins une association qui accueillait des personnes vivant avec le sida – nous avons reçu un héritage qui nous a enfin fourni les fonds propres pour devenir propriétaires. Nous avons pu acheter la belle maison de Renens dans laquelle Arc-en-Ciel est installée.

Un immense merci à tous les êtres extraordinaires qui ont cru en nous, nous ont fait confiance ou ont lutté avec nous. Sans vous, rien n’aurait été possible. Merci du fond du cœur. ”

 

Témoignage de Suzanne Vuille, fondatrice